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Puces visibles sur un chat
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Léchage intensif chez un chat avec des puces
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DERMATITE PAR ALLERGIE AUX PIQURES DE PUCES (DAPP)

Qu’est-ce-que la DAPP ?

La dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP) est une réaction exacerbée à des piqûres de puces avec phénomène d’hypersensibilité qui entraîne de fortes démangeaisons. Il s’agit de la dermatose prurigineuse la plus fréquente chez le chat et le chien. On la différencie de la pulicose, qui désigne une infestation par des puces, mais sans phénomène d'hypersensibilité.
La DAPP affecte essentiellement les animaux jeunes adultes, mais elle peut survenir à tout âge, sans prédisposition raciale ou sexuelle.

Comment s’attrape les puces ?

Les animaux se contaminent principalement via l’environnement.
 
Les puce adultes vivent sur les animaux et pondent un très grand nombre d’œufs. Ces œufs tombent du pelage dans l’environnement. Tout le développement des larves et des nymphes se fait donc dans l’environnement, dans des endroits cachés à l’abri de la lumière et difficiles d’accès (parquet ancien, plinthes, sous les meubles, dans les tapis et moquettes, etc). Le cocon est très imperméable aux différents insecticides et représentent la forme résistante dans l’environnement.

Quels sont les symptômes ?

Chez le chat, on observe principalement :
- des dépilations auto-induites par le léchage, d’abord localisée aux lombes, à l'abdomen, ou aux faces externes ou internes des cuisses puis extensive (alopécie extensive féline) (photo)
- et/ou la présence de multiples petites croûtes sur le dos et autour du cou (dermatite miliaire) (photo)
- et/ou, plus rarement, la présence de plaies érosives (plaques éosinophiliques).
 
Chez le chien, les localisations sont plus typiques, au niveau du triangle dorso-lombaire, sur la face postérieure des cuisses et sur les flancs. Des papules, des excoriations liées au grattage avec des croûtes sont visibles entre les poils. Des plaies douloureuses et suintantes (dermatite pyotraumatique) sont parfois observées
Le prurit (grattage) est toujours présent et il peut même être très intense.

Comment diagnostique-t-on une DAPP?

Le diagnostic de la DAPP n'est pas toujours facile. Il repose sur un motif de consultation précis, une anamnèse soignée (présence de puces et/ou de congénères dans l’environnement), un examen dermatologique rigoureux avec si possible mise en évidence d’une infestation par les puces, l'élimination des autres causes de dermatoses prurigineuses, et sur la réponse au traitement anti-puces pour établir un diagnostic de quasi-certitude. Cette démarche est imposée par le manque de fiabilité des examens allergologiques.
L’aspect des lésions et les localisations particulières (zone dorso-lombaire, périnéale et arrière des cuisses) peuvent nous aider, mais les puces ne sont pas toujours faciles à trouver dans le pelage.

Comment met-on en évidence une infestation par les puces ?

La mise en évidence de puces adultes, de larves, d'œufs ou de leurs déjections est un élément déterminant du diagnostic. Cependant, chez un chat présentant une DAPP, la mise en évidence des puces ou de leurs déjections est souvent difficile étant donné que ces animaux allergiques aux puces se lèchent et se mordillent plus fréquemment que ceux qui ne sont pas allergiques, et de ce fait éliminent plus de puces présentes dans leur pelage. Chez le chat, le toilettage permet d’en éliminer environ 80%, ces parasites devront alors principalement être recherchés en région périnéale, inguinale et sous le menton.

Le recueil des puces présentes sur l'animal peut être réalisé par un peigne à puce. L'application préalable d'un produit insecticide constituerait même la méthode la plus efficace. Cet examen complémentaire, s'il ne permet pas de récupérer des puces, peut toutefois permettre de retrouver des déjections. Pour le confirmer, il suffit de les déposer sur un papier ou un coton humide. Comme il s'agit de sang digéré, elles se délitent en une tache rougeâtre à brunâtre. Elles peuvent également être observées au microscope, et leur forme typique en virgule permettra de les identifier. Cette découverte permet également de montrer que l'animal est infesté, ce qui motive d’autant plus pour bien traiter l’animal.
La mise en évidence d'une infestation par des puces peut également être réalisée par l'observation d'œufs ou de larves sur la couche de l'animal, ou de ses congénères.
Finalement, même si cela n'est pas totalement spécifique d'une infestation par des puces, l'existence d'anneaux de Dipylidium caninum, agent du tænia transmis par les puces, sur l'animal ou dans son environnement, permet généralement d'objectiver l'infestation par ces insectes.

Quels sont les modalités du traitement de la DAPP ?

Le traitement passe par une bonne compréhension du cycle biologique et du mode de vie de la puce, ainsi que des modalités d'apparition de la DAPP.
La première étape repose sur un contrôle anti-puce drastique sur l’animal atteint, ses congénères, et son environnement, afin d’éviter la réinfestation. Il est important d’identifier tous les endroits potentiellement sources d’infestation. Divers produits sont disponibles chez votre vétérinaire (spot-on, spray, collier, comprimé, spray et foggers environnementaux)
Associé à ce traitement spécifique, divers anti-prurigineux peuvent être employés pour gérer les démangeaisons allergiques.
Même en faisant tout cela, il est souvent difficile de se débarrasser des puces. Il faut rester vigilant sur le mode d’application des produits, la gestion de l’environnement et des autres animaux.

Votre animal attrape des puces malgré l’application de produit insecticide?

Les insecticides modernes sont efficaces et les spot-on (pipettes) vendus chez le vétérinaire sont de bonne qualité avec peu de toxicité. Cependant, même le meilleur insecticide a des limites, et ce d’autant plus chez l’animal allergique.
 
La première raison est souvent la qualité de l’application. Contrairement aux idées reçues, le produit ne doit pas être appliqué sur 1 cm de peau ou sur les poils, sinon une bonne partie du produit glisse sur le pelage et est perdu. Il faut idéalement être deux pour l’application : une qui maintient l’animal et écarte les poils en région du cou pour faire une raie, la deuxième qui applique le produit sur la peau  sans le faire déborder sur les poils. Il faut en général répéter la manœuvre plusieurs fois (3 à 4 raies sont souvent nécessaires).
 
La deuxième raison est liée à la biologie des puces. L’infestation se fait essentiellement par l’environnement avec de jeunes puces, et aucun insecticide actuel n’est assez répulsif ou actif pour empêcher la première piqûre, même si la puce sera tuée quelques heures après. Ceci est particulièrement embêtant chez les animaux allergiques.
 
La troisième raison est « statistique » : les produits mensuels sont actifs à 99,5% au départ et encore actifs à 90-95% la dernière semaine d’efficacité. Lors de forte infestation (redoux après l’hiver, pluie après l’été), le nombre de puces qui éclosent peut être de plusieurs milliers en même temps. Avec une activité de 95% (ce qui est déjà excellent pour un insecticide), il reste potentiellement des puces sur un animal parfaitement traité.

N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire pour déterminer le meilleur produit adapté à votre animal et son mode de vie.